Tout d’abord merci d’avoir consacré votre dossier à ce génial cinéaste !
In the mood for love est un pur chef-d’œuvre. L’alchimie opérée entre les deux protagonistes est une réussite et est pour beaucoup dans le succès du film.
J’ai été étonné d’apprendre que Wong Kar Wai travaille sans scénario.
Pour autant dans votre critique du film, vous dégagez une problématique qui me semble artificielle, à savoir ; l’amour est ici “virtuel”, “sans corps”, “demeure le film emblématique d’une époque rompue, pour le meilleur et pour le pire, à la circulation désincarnée des affects.”
En fait, vous portez un regard d’entomologiste sur ce couple, certes encouragé par le cinéaste lui même puisqu’il les observe comme s’ils étaient des poissons dans un aquarium.
Mais, nous en tant que spectateurs, nous devons oublier ce regard d’observateur et plonger dans le maelström sentimental né de ces amours platoniques.
Vous oubliez un détail important, une des clés du film.
L’enfant de Madame Chan. C’est le réalisateur petit, et sa recherche nostalgique de cette ambiance surannée des années 60, avec ces tubes de Nat King Kole, etc.
De plus, vous n’abordez pas le côté véritablement sentimental de l’œuvre, deux personnages blessés par l’adultère de leur conjoint respectif. Ce qui participe à construire cette alchimie qui les caractérise et qui provoque en nous de l’empathie à leur égard. Plus Madame Chan que Monsieur Chow d’ailleurs est éprouvé. N’oublions pas non plus la dimension sociale du film au regard des convenances de l’époque et du lieu, qui explique le comportement prude du “couple”.
En tout cas, même si nous divergeons quelque peu quant à ce que nous avons ressenti du film, nous sommes d’accord en ce qui concerne son excellente qualité.
Une idée intéressante ressort de l’article intitulé “Un univers d’automates”, à savoir ; “Dès qu’il s’agit d’amour, ce n’est jamais le bon temps, voire le bon espace.” “toujours en retard d’un train” en quelque sorte. Et ceci particulièrement dans 2046.
Cette idée géniale de n’être jamais dans le tempo. D’être en retard ou en avance, est la marque de fabrique du réalisateur, ce qui lui permet de développer sa puissante ambiance nostalgique.
De là à en faire des automates, est le rubicon que vous n’avez pas hésité à franchir. Alors que cet accident temporel, ce sentiment de n’avoir pas décidé au bon moment telles les entrées et sorties en matière boursière. Et oui il en va de l’amour comme de la finance, il y a toujours un bon moment pour commencer et pour conclure !
Cet accident temporel comme je le disai, ne fait en aucun cas d’eux des automates ou des fantômes, mais plutôt des prisonniers du passé, ressassant inlassablement la nostalgie de l’occasion perdue.
Une image de “In the mood for love” me revient comme pour illustrer mon propos ; Monsieur Chow est entrain d’écrire, à un moment il soulève son stylo plume et comme suspendu dans l’air, la caméra le filme comme si le temps était arrêté et que par le miracle de l’écriture, il pourrait remonter le temps et ainsi prendre la bonne décision et se sortir de cette malédiction qui le voue à l’inertie et à une continuelle nostalgie. On a cet infime espoir, pendant ces quelques secondes de suspension et puis patatras le stylo se dirige vers la feuille blanche et la couvre de kanjis…
Mots-clefs : Cinema





novembre 1, 2009 à 5:02 |
J’aime le commentaire de Caroline Tan sur Amazon.fr, dont voici le lien :
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